Et si je me mets en colère ?

Que celleux qui n’ont jamais été emprunt-es à la colère me jette la première pierre. Colère : émotion qu’il est de bon ton de ne pas exprimer au sein de notre société, car trop souvent assujettie à la violence et l’agressivité. Et pourtant, elle fait partie d’un mécanisme de survie de l’humain.

De l’utilité de la colère

La colère, c’est cette émotion qui nous fait bouillir, voir rouge, monter la moutarde au nez. Et c’est avant tout, une alerte que notre corps nous envoie pour nous signifier que quelque chose n’est pas ok : valeurs non respectées, intégrité bafouée, frustrations, ou encore limites dépassées…

L’énervement nous permet donc, de nous connaitre davantage, d’identifier nos besoins profonds. Par exemple : quelqu’un me passe devant à la caisse du supermarché, ça me met en rogne. Si cette personne m’avait simplement demandé de passer devant moi parce qu’elle était pressée, je l’aurais probablement laissé faire. Ce qui se cache probablement derrière cette colère c’est donc mon besoin d’être respectée, d’être prise en compte par l’autre.

Aussi, identifier cela nous permet davantage de connaissance de soi, d’identifier nos besoins et de communiquer sur ces besoins avec nos proches pour que les relations soient d’autant plus harmonieuses… Puis en répondant à cette colère sans la refouler, nous nous affirmons, défendons ce qui est important pour nous, réclamons justice, posons nos limites. Elle a donc une réelle utilité concernant la réponse à nos besoins mais également dans notre communication avec les autres.

femme colère fumée

« La colère est nécessaire : on ne triomphe de rien sans elle, si elle ne remplit l’âme, si elle n’échauffe pas le cœur. Elle doit donc nous servir, non comme un chef, mais comme un soldat »
– Aristote

Une vision manichéenne du monde

Un peu comme un commandement, la colère est une de ces émotions qu’il vaut mieux garder pour soi. Tantôt instigatrice de violence ou d’impulsivité, tantôt signe que nous aurions quelque chose à faire évoluer chez nous… Elle serait, aujourd’hui, une alerte de la mauvaise personne que nous sommes. Alors qu’initialement, les émotions ne sont ni plus ni moins que des moyens de communication de notre corps. Elles nous permettent, en effet, d’appréhender et de combler nos besoins. Alors, pourquoi éprouver de la colère est tellement décrié dans nos sociétés ? A mon sens, il y aurait plusieurs raisons (liste non exhaustive).

Emotion vs. réaction

La première serait le fait que l’on confonde l’émotion et la réaction à celle-ci. On peut être en colère et l’exprimer de manière saine, quand certaines personnes ne savent pas faire autrement qu’en étant agressives et/ou violentes. Sauf que la problématique à ce moment là, n’est plus l’émotion en soit, mais comment on y répond.

Pouvoir & soumission

Aujourd’hui encore, nous vivons dans des sociétés ou le pouvoir (sous toutes ses formes : politique, financier…) est détenu par une poignée d’individus. Et l’une des stratégies pour le conserver est de soumettre les personnes ne le détenant pas. La colère représente alors un danger. Car elle pousse à la révolte, à l’action… L’actualité de ces dernières semaines en est un parfait exemple. On va donc chercher à taire la colère des uns afin de conserver le pouvoir des autres. Et cela passe, entre autres, par la diabolisation de cette émotion. Vous aurez d’ailleurs déjà peut-être remarqué, lors de débats politiques, comme les personnalités politiques peuvent s’attaquer sur ce point : lorsque l’un-e commence à sortir de ses gonds, l’autre pointe du doigt cette colère pour le décrédibiliser. Preuve que cette diabolisation est intériorisée dans les sphères de pouvoir et plus largement dans notre société.

Le développement personnel et la notion de bonheur

Le développement personnel a pris une place énorme dans nos sociétés modernes : nouvelles spiritualités, vulgarisation de la psychologie et des sagesses orientales… Et avec lui, les perceptions évoluent également. Sauf, que le développement personnel porte avec lui son lot de culpabilisation et d’injonctions, notamment sur la notion de bonheur et de bien et de mal.

Bien souvent, le bonheur serait décrit comme une vie ou l’on aurait réussi à transcender tout le négatif en positif. Comme si, les choses désagréables n’avaient plus leurs places ni leur raison d’exister. Comme si pour être quelqu’un de bien, il fallait ne ressentir que des choses agréables (vibrations hautes) et ne jamais être en proie aux doutes, au jugement et à la colère (vibrations basses). Aussi, ces nouvelles pratiques viennent donc renforcer cet étouffement de la colère déjà largement intégré dans nos sociétés. En venant ajouter une dimension d’éveil à cette anesthésie de la colère. Permettant ainsi de distinguer les éveillés des moldus, les gens biens des ignorants.

« Il y a une part de lumière et d’ombre en chacun de nous. Ce qui compte c’est celle que l’on choisit de montrer dans nos actes. Ca c’est ce que l’on est vraiment »
– Sirius Black dans Harry Potter

La colère est donc une émotion saine car vitale. Elle nous permet de nous comprendre, de communiquer mieux avec nos congénères, de répondre à des besoins profonds tels que la justice, l’intégrité, le respect… En revanche, nos réactions à cette colère peuvent être à interroger. Car si l’émotion est saine, notre façon d’y répondre peut être tout autre. L’impact de nos réactions sur notre environnement (proches, milieu professionnel …) est un curseur qu’il est important de prendre en compte pour adapter nos réponses à ce stimulus qu’est la colère.

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